Jean Bernard Pouy pour « Le Casse-pipe intérieur »

L'auteur

Jean-Bernard Pouy

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Jean-Bernard Pouy, né le 2 janvier 1946 à Paris, est un écrivain libertaire français de roman noir et un directeur de collections littéraires.
Auteur à succès, il inaugure les collections (Zèbres, Le Poulpe, Pierre de Gondol, Série grise, Tourisme et polar). Il est notamment le créateur du personnage Gabriel Lecouvreur, dit Le Poulpe, aux éditions Baleine dont il est un des fondateurs.
Par la suite il lance la série Pierre de Gondol sur le même principe que le Poulpe, un personnage d'enquêteur littéraire, et la même année la série grise, une série en gros caractères destinée aux 72-83 ans.
En 2002, il publie Die Amsel (Le Merle), laissant croire qu'il n'est que le traducteur d'Arthur Keelt, auteur imaginaire du roman, et dont les citations se retrouvent dans d'autres livres de Pouy.
Adepte de l'Oulipo, il pratique assidûment l'écriture à contraintes ; il participe notamment à l'émission Des Papous dans la tête sur France Culture.
Nombre de ses œuvres appliquent une contrainte, le plus souvent cachée comme l'utilisation d'incipit de romans pour les attaques de chapitre, le cadavre exquis (par chapitre) pour La Vie duraille avec Daniel Pennac et Patrick Raynal sous le pseudonyme de « J.-B. Nacray ».
Depuis 2006 il est président d'honneur du festival Nuits Noires à Aubusson, et aussi directeur de collection de Suite noire aux Éditions La Branche.
En 2014, il a été filmé pour l'anthologie cinématographique Cinématon de Gérard Courant, dont il est le numéro 2834.

Le livre

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Il y a une ligne de force souterraine qui m’a bouffé le cerveau depuis quelque temps : quand mon père est décédé, je me suis mis à écrire (à trente-cinq ans) ; quand ma mère l’a suivi (huit ans après), je me suis décidé à devenir père. Étonnant, non ? Je n’adhère pas aux diktats générés par cette vérité sous-jacente, mais je me méfie toujours.
L’essentiel, ici, est d’avouer que l’on ne sait pourquoi l’on se retrouve à aligner des mots, des phrases, que l’on se jette, tête baissée, dans une production tous azimuts de textes disparates. Bien sûr, tout au début, l’on m’a un peu forcé la main. Mais très vite, j’ai réalisé que j’écrivais beaucoup et très vite sans me préoccuper de l’image que je pouvais donner. Certes en imposant, avec opiniâtreté, une donnée précise, celle de revendiquer plutôt le statut d’auteur que celui d’écrivain. Ce dernier, je ne le hais point, il peut continuer à vaquer de rentrées littéraires en sauteries foie gras à Brive. Il est libre et fait ce qui lui semble bon. Ce que je supporte moins c’est qu’il se plie la plupart du temps aux exigences d’un paradigme puissant, dans nos contrées, le fameux mythe, même pas barthésien, de l’écrivain, celui qui souffre, qui maigrit, qui grossit, qui boit, qui devient fou, qui pleure quand il n’écrit plus, qui voyage pour se perdre, qui fait chier son entourage, qui a toujours un chat, qui écoute Mozart et qui avoue en permanence que c’est dur, inhumain, surhumain, qu’on y perd son âme, qu’écrire peut mener au meurtre de soi.
Peut-être.
Pas moi.